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Point sur le deuxième trimestre 2009
Par Pierre Mourlan de Patrimoines et Selections
Les marchés ont continué sur le trimestre leur vif rebond initié le 9 mars dernier.Vif rebond qui fait suite à des nouvelles économiques meilleures qu’attendues, particulièrement les résultats plus encourageants des banques américaines en mai. Ce rebond a tout de même faibli sur la dernière quinzaine du mois de juin, les marchés ayant besoin de reprendre leur souffle. Le retournement, à l'instar de la crise qui a touché toutes les classes d'actif, a lui aussi été général. Les principaux indices de marché ont progressé en moyenne de 3‐7% sur les mois de mai et juin, le secteur de l’énergie et les pays émergents sont même en hausse de plus de 20%. Les indices de volatilité VIX et VDAX ont chuté en dessous de 30% pour la première fois depuis mi septembre 2008. Les courbes de taux se sont pentifiées de manière globale, la volatilité des taux a également progressé. Les spreads d’obligations d’entreprises et d’état se sont resserrés de manière drastique, atteignant les niveaux d’octobre 2008. Les marchés des matières premières ont continué de croître, se traduisant par une hausse depuis début mai de 30% pour le prix du pétrole et 20% pour celui du blé, avec l’indice de matière première CRB augmentant de 7% sur le mois. Les gérants actions ont bien performé, notamment les fonds spécialistes des marchés émergents, dont beaucoup ont augmenté leur exposition longue durant le printemps. Un certain nombre de gérants ont commencé à réduire leurs expositions en mai, par crainte que le rebond sur le marché des actions n’ai été surestimé et ne soit pas réellement le fruit d’une économie bien portante ni le résultat de bons fondamentaux des entreprises. Ceux qui sont spécialisés dans le secteur des distressed (actions de sociétés en difficultés – fonds recovery) ont bénéficié du resserrement des spreads de crédit, à des niveaux que l’on n’avait pas vu depuis l’automne dernier. Dans un contexte de hausse des taux de défauts, les gérants distressed continuent de trouver des opportunités tant dans leur position longue (positions à la hausse) que dans leur position short (positions à la baisse) maintenant tout de même une légère exposition net longue (légère confiance en la reprise). Le secteur des fusions/acquisitions a été stable sur le trimestre, alors que l’activité de fusion acquisition est restée calme, et les spreads sur plusieurs deals se sont légèrement élargis du fait de sorties de capital s’orientant vers des classes d’actif plus risquées telles que les actions et les obligations à haut rendement. L’arbitrage de convertible a continué de générer de bonnes performances, suite à un resserrement du crédit et une plus forte volatilité du marché des actions. Sur le plan économique, la banque centrale européenne a baissé de 25 points de base ses taux en mai, les taux d’intérêt dans la zone euro étant actuellement à 1%. Les Banques centrales de Russie et de Mexico ont aussi réduit leur taux. Dans l’ensemble, sans pression inflationniste en perspective, les autorités financières continuent de faire en sorte que leurs économies respectives retrouvent le chemin de la croissance, et ce en facilitant les accès au crédit et en commençant à inciter les consommateurs ainsi que les entreprises à dépenser. Toutefois le maintien de ce processus sera difficile en raison de la montée du chômage pesant sur la consommation et le prix de l’immobilier. Les marchés émergents devraient être en meilleur situation à moyen terme, bien que, à court terme, les économies émergentes sont, rappelons le tout de même, étroitement corrélées au dynamisme de l'économie des pays développés. En résumé, le risque systématique s’est sensiblement réduit depuis son paroxysme de l’automne dernier.Après un profond déclin plus tôt dans l’année, tous les marchés ont profité d’un fort rebond. Les volumes de transaction se sont accrus, et la volatilité s’est calmée, l’idée selon laquelle le monde est tombé en ruine n’étant plus d’actualité. Cependant, malgré un récent déclin, la volatilité du marché des actions reste historique, le taux de défaillance des entreprises devrait continuer de s'accroître et les résultats des entreprises du second trimestre peuvent être plus décevants que prévus. Il faut aussi prendre en compte l’incertitude géopolitique croissante. Par conséquent, nous continuons à maintenir une exposition aux marchés relativement modeste, loin des niveaux de 2007. Nous continuons à favoriser des gérants expérimentés qui sont capables non seulement de protéger le capital mais aussi de profiter d’un environnement de marché incertain.
Rédigé le 3 juillet 2009 Pierre MOURLANPATRIMO |