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"Les conneries c'est comme les impôts on fini toujours par les payer"

(Michel Audiard)

Par Pierre Mourlan de Patrimoines et Selections

Pierre Mourlan, Patrimoine & Selections, société Partenaire de Regency Conseil et Patrimoine, Cabinet de conseil en gestion de patrimoine


Les débats qui animent la société civile sur le vieux continent et outre-atlantique sont de même nature car la
problématique face à la crise est identique: comment financer les dépenses publiques et les plans de relance alors
que la seule chose certaine aujourd'hui est la baisse des recettes fiscales futures dues au ralentissement attendu de
l'économie?
 
Comme le disait justement Michel AUDIARD dans le cave se rebiffe (1961) : "Les conneries c'est comme les
impôts on fini toujours par les payer"; sauf qu'en l'occurrence les impôts servent à payer les conneries passées et
que comme la connerie est avérée, conséquente et mondiale,  les augmentations d'impôts suivront et risquent elles
aussi d'être conséquentes. Pas d'autres possibilités, il faudra verser à la caisse du Trésor
.
 
Seul Nicolas s'affiche, pour l'instant, en anti-Robin des Bois respectant ses engagements de campagne, non il n'y
aura pas d'augmentation des impôts directs en France. Barack quant à lui confirme que les hauts revenus
(comprendre plus de 250.000 $ annuels pour un couple quand même) verront leur taux d'imposition repasser de 35
à 39,6%(comme avant G.W). Au Royaume-Uni le souhait d'augmenter les impôts de ceux qui gagnent plus de
100.000 livres naissent dans les esprits sans provoquer de réel émoi. En Allemagne il est question d'augmenter de
2 point (à 47,5%) la dernière tranche d'imposition autrement dit les plus hauts revenus.
Il sera prélevé plus à ceux qui ont.
 
Dans le même temps et toujours dans le même état d'esprit d'aller chercher de l'argent là où il se trouve plutôt que
de stimuler la création de richesse. Alors que la sortie de la crise se fera, on vous le répète, uniquement à
l'avènement une action internationale concertée; les économies occidentales ont tout de même réussi a engager
une action commune et concertée: une pression internationale unanime, et quasiment réussie pour que la Suisse
envisage de lever son sacro-saint secret bancaire dans le cas d'une suspicion de fraude fiscale.
Il sera prélevé encore plus à ceux qui ont et qui ont tenté de le dissimuler.
 
Voila pour ce qui est des solutions immédiates pour renflouer les caisses des états qui en ont bien besoin en ces
temps de crise.
 
La semaine dernière, la Fed a créé la surprise, alimentant la reprise technique sur les marchés, en annonçant
qu'elle achèterait 300 milliards de $ d'emprunt d'Etat sur les 6 prochains mois pour permettre "l'assouplissement
du crédit". Conséquence immédiate, la baisse des rendements des obligations US à 10 ans. L'objectif implicite du
rachat des obligations par la Fed est d'abaisser le taux de rendement des placements monétaires et des comptes à
terme (l'arme conventionnelle de la baisse des taux ne laissant plus aujourd'hui de marge de manoeuvre) et de
stimuler l'expansion monétaire afin d'inciter les investisseurs à se tourner vers les actifs risqués. En d'autres termes
la Fed a voulu créer un stimulus en oblitérant une partie de la possibilité de placement non risqués.
 
Hier, lundi, le plan Geithner a su séduire les investisseurs. Pour sortir de la crise il faut relancer les crédits. Pour
relancer le crédit il faut retrouver la confiance. Pour retrouver la confiance il faut purger les bilans des sociétés des
actifs dits toxique. Pour purger les bilans Geithner a proposé que le Trésor se porte acquéreur de ces actifs
toxiques mais qu'il soit accompagné dans cette démarche par les investisseurs privés qui participeraient à cette
acquisition. Reste à voir la réalisation de ce plan qui pour l'instant a séduit.
 
Plus que tout autre chose nous attendons, vous l'aurez compris, la réunion la semaine prochaine du G20. Une
attente pourtant sans grande conviction quant à l'issue de ce sommet. En effet, il y a peu de chance  qu'une
politique de fermeté unanime sur l'économie et la réglementation soit adoptée, pour le moment en tout cas.

Pierre MOURLAN

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